Un visage se juge vite, et souvent mal. Ce n'est pas un défaut moral : c'est un réflexe. Le problème, c'est qu'un site de rencontres qui met la photo en premier transforme ce réflexe en méthode, et laisse de côté tout ce qui fait qu'une histoire dure — la façon de raconter sa journée, le ton qu'on prend quand on parle de l'avenir, l'humour qu'on ose ou pas.
En inversant l'ordre, on change la nature des premiers messages. Sans photo, personne ne peut se contenter d'un « salut ça va ». Il faut écrire quelque chose, et ce quelque chose devient le vrai critère. Les conversations démarrent plus lentement et durent bien plus longtemps.
La photo n'est pas interdite : elle est simplement le dernier palier. Quand elle apparaît, vous savez déjà si vous avez envie de la voir. C'est une découverte, plus un tri.
